« Ce que la feuille de match ne vous dira pas » selon Clément Chupin

U18-1 | Stade Clermontois Basket Auvergne – US Chauriat Vertaizon : 101-56

101 points. Neuf marqueurs. Sept tirs à trois points réussis sur neuf tentés. Quatre quart-temps remportés. Et un écart final de 45 unités.

Sur le papier, le premier match de championnat à domicile des U18-1 avait tout du match parfaitement maîtrisé.

Sur le banc, Clément Chupin regarde pourtant la feuille de match avec un autre œil. Parce qu’on peut tout faire dire aux chiffres … ou presque !

101 points ? Oui. Mais…

Le chiffre attire forcément l’œil. Il claque.

101 points inscrits. Avec une progression régulière : 19-12, 25-17, 28-15 puis 29-12.

Pas de trou d’air. Pas de passage à vide. Mais le début, lui, n’avait rien d’un feu d’artifice.

10-0 pour Chauriat.

« Je n’oublie pas la mauvaise entame de match », souligne Clément Chupin.

Le premier enseignement de cette rencontre est peut-être là : un match peut se terminer à +45 et pourtant donner des sueurs froides et susciter de l’incompréhension auprès du public.

La réaction vient du banc et des premiers changements. Progressivement, les Clermontois prennent le contrôle de la rencontre. Au milieu du deuxième quart-temps, lorsque l’écart atteint une quinzaine de points, le coach sait que le match est en train de changer de physionomie.

Mais pas question pour autant de simplement regarder le chronomètre tourner, pas question de « seulement » gérer l’écart.

Le coach ne compte pas les points, il mesure les efforts.

Sur la feuille, Jésus Munier termine meilleur marqueur clermontois avec 20 points, devant Waël Degeorge et ses 17 unités.

Mais neuf joueurs du Stade ont trouvé le chemin du panier.

Et c’est précisément ce deuxième chiffre qui retient l’attention de Clément Chupin.

Une performance individuelle ne doit pas masquer celle du groupe.

Les joueurs sortis du banc ont eux aussi pesé sur la rencontre. Et c’est justement ce que le technicien veut installer : une équipe dans laquelle une bonne performance individuelle ne condamne pas les autres à rester spectateurs.

Un joueur peut monter en jeu, apporter, scorer, défendre… puis laisser sa place à un autre capable de faire la même chose.

Et pour un coach, avoue Clément, cette profondeur de banc est plutôt confortable.

« Un joueur qui marque 2 points peut avoir fait un très bon match. »

C’est tout à fait vrai ! Parce qu’il peut défendre, faire les bons replis défensifs (ce que j’attendais particulièrement ce dimanche), prendre de bonnes décisions et distribuer des passes décisives.

Autrement dit : il existe des performances que la colonne « Nb Pts Marqués » ne sait pas comptabiliser.

« Avec 101 points, impossible d’être mécontent offensivement. »

Faux ! Mais tellement faux ! Même avec trois chiffres au tableau d’affichage, Clément Chupin estime que son équipe peut encore être exigeante avec elle-même. A la mi-temps, de nouveaux objectifs ont été imposés aux joueurs avec une limite de points à ne pas encaisser. Il s’agit donc d’apprendre de chaque match et de progresser. Encore et encore.

Le chiffre que le coach aurait gardé :

Si on lui demande de ne garder qu’une seule information de cette rencontre, ce n’est ni le score final, ni même les 45 points d’écart.

Clément choisit… la réussite aux lancers francs.

Parce que le dernier match avait laissé une impression plus mitigée dans ce secteur.

C’est toute la différence entre regarder un match et regarder une équipe progresser.

Le coach ne regarde pas seulement ce qui fonctionne.

Il regarde ce qui était moins bien avant et qui commence à avancer.

7 sur 9 : le travail plutôt que le « coup de chaud »

Autre chiffre qui saute aux yeux : 7 tirs à trois points réussis sur 9 tentatives.

Un incroyable coup de chaud ? Non, certainement pas. Je mets ça sur le compte du travail. Mes joueurs réalisent beaucoup de tirs à l’entraînement.

Ta préférence : un tir ouvert à trois points après une bonne circulation de balle ou un panier près du cercle obtenu individuellement ?

La réponse est immédiate : le tir ouvert créé par le collectif.

Parce qu’un bon tir n’est pas seulement celui qui rentre c’est aussi celui qui raconte comment l’équipe l’a obtenu.

Une victoire en quatre actes

QT1 : 19-12 QT2 : 25-17 QT3 : 28-15 QT4 : 29-12.
C’est peut-être cette ligne de chiffres que le coach préfère !

Parce qu’elle raconte quelque chose de plus intéressant : la régularité.

Une feuille de match ne dit donc pas tout d’une rencontre. Il y a le score, certes, … mais le coach, lui, y voit surtout 40 minutes de travail.


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